年末年始 4
Septième partie : Gantan
Le premier jour de l'année est appelé Gantan (le premier matin). On passe la matinée à faire le tour des temples. La plupart des japonais se rendent donc aux temples Bouddhistes et Shintoistes voisins. Il faut noter que les jeunes générations de japonais ne sont pas vraiment croyantes. Il s'agit le plus souvent de traditions cristallisées qu'ils reproduisent comme les français le font par exemple à la Chandeleur (qui respecte encore le Carême aujourd'hui ?). Ainsi vous verrez souvent les japonais lancer une pièce de 5 yens percée dans une sorte de réceptacle à l'entrée des temples ou encore les remarquerez-vous acheter ces petits oracles en papier aux abords des grands lieux touristiques de Kyoto.
Ainsi donc, ce matin-là, au temple Shinto, ils jettent quelques piècettes (saisen) à la portée symbolique, désormais mystérieuses pour la plupart, dans le Saisenbako, la boîte dont je parlais précedemment puis claquent des mains deux fois pour attirer l'attention du dieu du temple pour enfin prier et demander à ce que leurs voeux soient exaucés. En général les gens souhaitent une bonne santé et de la chance... Une fois cette procession terminée, voilà enfin venu le temps du petit plaisir partagé : l'achat d'un Omikuji, le fameux oracle en papier, qui détaille votre année à venir et ce que vous pouvez en attendre. Si vous êtes superstitieux, et que vous ne
comprenez pas le japonais, je vous déconseille de vous laisser tenter par cette petite dépense. Pour quelle raison me demandera-t-on légitimement ? C'est bien simple; il existe plusieurs types d'Omikuji : de bons augures et de mauvais. Si jamais l'Omikuji que vous avez acheté vous dévoile une année totalement ratée, vous avez en dernier ressort la possibilité de l'enrouler autour de l'une des branches des arbres du temple. Depuis quelques temps, il semblerait que, contrairement à la pratique institutionnalisée, les japonais accrochent tous les Omikuji, qu'ils soient bons ou mauvais.
Un Omikuji virtuel (en anglais) : ce n'est pas exactement ce que j'appellerai un Omikuji mais bon... le site se désigne ainsi.
Tiens, en voilà un autre (ce n'est pas ce qui manque...)
Certains parmi les japonais décident aussi de se rendre au temple Bouddhiste. La tradition bouddhiste veut que la cloche soit frappée 108 fois. Il existe différentes heures pour s'y rendre. Le plus souvent, il est de coûtume d'aller y tapoter de la cloche peu après minuit. Les 108 coups représentent les 108 démons que l'on exorcisent. Il arrive souvent, pour les temples les plus populaires (parfois des centaines de personnes s'y rejoignent et chacun souhaite faire tintinnabuler la cloche une fois), que les responsables laissent la liberté aux japonais de donner plus de 108 coups afin que chacun y aille de son lancer de poignet. C'est une belle illustration de cet esprit contradictoire continuellement présent au Japon. Il faut toujours faire plaisir aux clients. Cependant cette imagerie clientéliste si on ose la désigner n'est pas très à propos. Nous passerons donc.
Normalement (car ceci a beaucoup changé) les japonais retournent travailler le 4 janvier. Ce jour-là nombreux sont les employés à se rendre tous ensemble au temple pour y souhaiter une bonne année non pas pour eux-mêmes mais pour l'entreprise. Vous pouvez donc assister à des cortèges de voitures chargées de salary-men et d'office-ladies aux abords des grands temples. Ils participent à la même cérémonie que précédemment.
Huitième partie : Kouhaku
Pour cette grande émission japonaise, le thème de l'année, c'était évidemment les athlètes olympiques qui ont apportés de nombreuses médailles au pays. Entre chaque morceau, nous avons eu droit à des commentaires et des interventions des médaillés qui venaient surtout remercier la nation de les avoir soutenus. Le Kouhaku est un peu à l'image de l'Eurovision, non pas dans son petit côté universel désormais dépassé, mais parce qu'il s'agit d'une compétition. Ici il s'agit en l'occurrence d'opposer les hommes aux femmes dans une compétition de chant. Les japonais sont très friands de ce programme diffusé par la NHK, la plus grande chaîne privée du Japon. Les kanji qui composent le mot kouhaku sont ceux de deux couleurs : le rouge pour les femmes (kou) et le blanc pour les hommes (haku).


La Playlist pour ceux que ça intéressent...
Les Nouveaux Arrivants
Cette année, le programme, après 55 ans de succès inconditionnel, a failli être menacé non pas de disparition mais de boycott. Peu avant la fin d'année, un énorme scandale a frappé de plein fouet la NHK. Il faut savoir que cette chaîne, si elle est privée, ressemble pour beaucoup à une chaîne d'état dont la particularité serait d'être subventionnée par les citoyens japonais mais sans l'intervention de l'état. C'est en ceci que cette chaîne diffère de France 2, 3 et 5. Autre différence, il n'y a aucune publicité et de nombreux programmes à caractère pédagogique rencontrent un grand succès (les émissions où les japonais peuvent s'amuser tout en apprenant : un nombre de langues étrangères incalculables...). La mauvaise utilisation du budget gigantesque de la NHK a fait frémir la nation toute entière, même ceux qui nient avoir la chaîne et qui ne paient pas la redevance. De nombreux payeurs ont refusé de verser la mensualité de fin d'année et les pauvres représentants (indépendants pour leur plus grand malheur) de la chaîne ont vu leur salaire divisé de moitié. Il faut dire que depuis quelques années, les japonais rechignent à reverser la somme due et les dits représentants ont constaté que leur salaire mensuel avait subi une baisse de près de 30 % soit une perte de 100 000 yen (plus ou moins 800 euros).
Vidéo 1
Vidéo 2
Vidéo 3
Vidéo 4
Vidéo 5
(Je tiens à m'excuser de la qualité loin d'être irréprochable des vidéos ci-disponibles. Elles ont été filmées via un appareil photo numérique et bien qu'elles soient malgré tout largement acceptables, elles sont loin de ressembler à un enregistrement vidéo numérique. Cependant n'hésitez pas à les télécharger. Ca vaut le coup d'oeil selon moi.)
Le kouhaku est cependant un événement national qui a pour mérite de donner aux étrangers un aperçu de ce qui s'écoute sur l'île. J'avoue que je n'aime pas du tout ce programme mais quand vous êtes étranger, que vous êtes convié dans une famille japonaise ce soir du réveillon du 31 décembre, vous vous taisez et supportez les 4 heures de chants interminables qui oscillent entre soupe populaire (la J-Pop en général, un condensé de What 4 et de Florent Pagny côté masculin et de Céline Dion et des L5 côté féminin) et vieillesse désincarnée (sorte de has-been aux vêtements écarlates et aux boas poussièreux). Sous des airs méprisants, sachez que je considère le kouhaku comme un véritable phénomène culturel japonais. Il faut en passer par là pour s'acclimater à une culture... et oui, mon bon Monsieur !
En me baladant sur le Net à l'affût de commentaires d'autres étrangers, je suis tombé sur un site de fans du Kouhaku... J'en suis encore abasourdi. Evidemment je comprends qu'on puisse apprécier ce programme... quand on est japonais... mais je n'avais encore jamais rencontré de fans étrangers vivants. Je les appellerai "Les Super Héros" tant ils méritent ce sobriquet à tendance péjorative (mais pas trop). Une autre explication serait qu'ils écoutent les artistes de J-Pop en boucle... ce que je ne peux pas concevoir sans avoir une mine douteuse.
C'est à lire !
Neuvième partie : Glossaire
Le glossaire comprend des parties potentielles qui ne verront cependant pas le jour. Le vocabulaire expliqué est ainsi publié à titre informatif. Peut-être celles-ci feront-elles l'objet d'une publication future qui viendra compléter le présent dossier.
Oseibo - Il s'agit de cadeaux que les japonais offrent à ceux qui les ont beaucoup aidés ou à ceux qu'ils ont ennuyés pendant l'année écoulée.
Ousouji - Le grand nettoyage de la maison pour se débarrasser des mauvais esprits gênants et pouvoir profiter du dernier jour de l'année dans les meilleures conditions.
Yoi otoshiwo (omukae kudasai) - Seule la première partie de l'expression est employée. Elle est aussi très utilisée pour Noël, depuis que cette fête venue d'Occident envahi l'espace et les esprits. Une traduction littérale pourrait donner ceci : nous n'allons pas nous revoir cette année, alors bonne année.
Toshikoshisoba - De longues nouilles japonaises que l'on mange généralement avant minuit et qui symbolisent l'espoir d'une longue vie.
Hatsumoude - hyakuyatu no kane : Il s'agit de frapper 108 fois la cloche au temple juste après minuit afin de faire fuir les mauvais esprits.
Akemashite omedeto gozaimasu - Bonne année ! On emploie cette expression seulement une fois la nouvelle année entamée. Les gens à qui vous souhaiterez la bonne année avec cette phrase vous répondront d'ailleurs la même chose.
Osechiryouri - Il s'agit des mets que l'on prépare avant le dernier jour afin que personne n'ait à se soucier de la cuisine au moment de célébrer le passage à la nouvelle année.
Nengajou - Les cartes de fin d'année que les japonais envoient à toutes les personnes qu'ils fréquentent ou connaissent. "kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu" et "akemashite omedetou gozaimasu". La première expression demande au destinataire de prodiguer les mêmes attentions que lors de l'année achevée tandis que la seconde salue le passage à une nouvelle année. Ces cartes arrivent entre 10h et 11h dans tous les coins du pays par livraison spéciale.
Otoshidama - L'argent distribué aux enfants par les membres de la famille et les amis à la fin de l'année.
Conclusion
Ce qui est sûr, en regard de cette expérience passionnante, c'est que passer les fêtes de fin d'année au Japon peut s'avérer très constructif. J'ai appris un nombre indéfini de choses (dont j'ai essayé de vous faire le rapport bon an mal an), j'ai appréhendé en titubant les traditions ancestrales d'un pays que peu d'entre nous comprennent et comprendront jamais. Le Japon est un peu comme ce langage que Champollion a traduit, à ceci près qu'il nous manque encore la clé, celle qui permettra de tout décrypter. On établit un réseau de connaissances sur le Japon comme on découvre la cartographie de l'ADN humain : pas à pas et avec patience. Les incompréhensions sont nombreuses, les tentatives parfois désespérées mais l'expérience est au final plus que positive.
L'estomac plein, les yeux gorgés d'images nouvelles et les oreilles qui résonnent encore des mots exclusifs qui me sont parvenus, je peux m'atteler à cette année nouvelle avec plus de franchise et espèrer que le sentier sera découpé plus clairement désormais.
Voilà pour ce dossier sur Oshougatsu. J'espère que celui-ci vous aura plu et que vous pourrez désormais être presque incollable sur la question. Evidemment ce dossier n'a aucunement pour ambition d'être exhaustif. Le but était de donner un petit aperçu de la façon dont le Nouvel An se déroule ici, sous l'oeil ébranlé d'un étranger perdu sur le sentier vers la connaissance du Japon.
Izo
PS : D'ici quelques jours je mettrai à disposition un fichier PDF reprenant l'intégralité du dossier ce qui évitera à ceux qui désireraient le lire hors ligne ou le conserver pour mémoire de perdre des heures à donner une forme à ce qui n'en a pas via les outils hautetfort.
Le premier jour de l'année est appelé Gantan (le premier matin). On passe la matinée à faire le tour des temples. La plupart des japonais se rendent donc aux temples Bouddhistes et Shintoistes voisins. Il faut noter que les jeunes générations de japonais ne sont pas vraiment croyantes. Il s'agit le plus souvent de traditions cristallisées qu'ils reproduisent comme les français le font par exemple à la Chandeleur (qui respecte encore le Carême aujourd'hui ?). Ainsi vous verrez souvent les japonais lancer une pièce de 5 yens percée dans une sorte de réceptacle à l'entrée des temples ou encore les remarquerez-vous acheter ces petits oracles en papier aux abords des grands lieux touristiques de Kyoto.
Ainsi donc, ce matin-là, au temple Shinto, ils jettent quelques piècettes (saisen) à la portée symbolique, désormais mystérieuses pour la plupart, dans le Saisenbako, la boîte dont je parlais précedemment puis claquent des mains deux fois pour attirer l'attention du dieu du temple pour enfin prier et demander à ce que leurs voeux soient exaucés. En général les gens souhaitent une bonne santé et de la chance... Une fois cette procession terminée, voilà enfin venu le temps du petit plaisir partagé : l'achat d'un Omikuji, le fameux oracle en papier, qui détaille votre année à venir et ce que vous pouvez en attendre. Si vous êtes superstitieux, et que vous ne
comprenez pas le japonais, je vous déconseille de vous laisser tenter par cette petite dépense. Pour quelle raison me demandera-t-on légitimement ? C'est bien simple; il existe plusieurs types d'Omikuji : de bons augures et de mauvais. Si jamais l'Omikuji que vous avez acheté vous dévoile une année totalement ratée, vous avez en dernier ressort la possibilité de l'enrouler autour de l'une des branches des arbres du temple. Depuis quelques temps, il semblerait que, contrairement à la pratique institutionnalisée, les japonais accrochent tous les Omikuji, qu'ils soient bons ou mauvais.Un Omikuji virtuel (en anglais) : ce n'est pas exactement ce que j'appellerai un Omikuji mais bon... le site se désigne ainsi.
Tiens, en voilà un autre (ce n'est pas ce qui manque...)
Certains parmi les japonais décident aussi de se rendre au temple Bouddhiste. La tradition bouddhiste veut que la cloche soit frappée 108 fois. Il existe différentes heures pour s'y rendre. Le plus souvent, il est de coûtume d'aller y tapoter de la cloche peu après minuit. Les 108 coups représentent les 108 démons que l'on exorcisent. Il arrive souvent, pour les temples les plus populaires (parfois des centaines de personnes s'y rejoignent et chacun souhaite faire tintinnabuler la cloche une fois), que les responsables laissent la liberté aux japonais de donner plus de 108 coups afin que chacun y aille de son lancer de poignet. C'est une belle illustration de cet esprit contradictoire continuellement présent au Japon. Il faut toujours faire plaisir aux clients. Cependant cette imagerie clientéliste si on ose la désigner n'est pas très à propos. Nous passerons donc.
Normalement (car ceci a beaucoup changé) les japonais retournent travailler le 4 janvier. Ce jour-là nombreux sont les employés à se rendre tous ensemble au temple pour y souhaiter une bonne année non pas pour eux-mêmes mais pour l'entreprise. Vous pouvez donc assister à des cortèges de voitures chargées de salary-men et d'office-ladies aux abords des grands temples. Ils participent à la même cérémonie que précédemment.
Huitième partie : Kouhaku
Pour cette grande émission japonaise, le thème de l'année, c'était évidemment les athlètes olympiques qui ont apportés de nombreuses médailles au pays. Entre chaque morceau, nous avons eu droit à des commentaires et des interventions des médaillés qui venaient surtout remercier la nation de les avoir soutenus. Le Kouhaku est un peu à l'image de l'Eurovision, non pas dans son petit côté universel désormais dépassé, mais parce qu'il s'agit d'une compétition. Ici il s'agit en l'occurrence d'opposer les hommes aux femmes dans une compétition de chant. Les japonais sont très friands de ce programme diffusé par la NHK, la plus grande chaîne privée du Japon. Les kanji qui composent le mot kouhaku sont ceux de deux couleurs : le rouge pour les femmes (kou) et le blanc pour les hommes (haku).


La Playlist pour ceux que ça intéressent...
Les Nouveaux Arrivants
Cette année, le programme, après 55 ans de succès inconditionnel, a failli être menacé non pas de disparition mais de boycott. Peu avant la fin d'année, un énorme scandale a frappé de plein fouet la NHK. Il faut savoir que cette chaîne, si elle est privée, ressemble pour beaucoup à une chaîne d'état dont la particularité serait d'être subventionnée par les citoyens japonais mais sans l'intervention de l'état. C'est en ceci que cette chaîne diffère de France 2, 3 et 5. Autre différence, il n'y a aucune publicité et de nombreux programmes à caractère pédagogique rencontrent un grand succès (les émissions où les japonais peuvent s'amuser tout en apprenant : un nombre de langues étrangères incalculables...). La mauvaise utilisation du budget gigantesque de la NHK a fait frémir la nation toute entière, même ceux qui nient avoir la chaîne et qui ne paient pas la redevance. De nombreux payeurs ont refusé de verser la mensualité de fin d'année et les pauvres représentants (indépendants pour leur plus grand malheur) de la chaîne ont vu leur salaire divisé de moitié. Il faut dire que depuis quelques années, les japonais rechignent à reverser la somme due et les dits représentants ont constaté que leur salaire mensuel avait subi une baisse de près de 30 % soit une perte de 100 000 yen (plus ou moins 800 euros).
Vidéo 1
Vidéo 2
Vidéo 3
Vidéo 4
Vidéo 5
(Je tiens à m'excuser de la qualité loin d'être irréprochable des vidéos ci-disponibles. Elles ont été filmées via un appareil photo numérique et bien qu'elles soient malgré tout largement acceptables, elles sont loin de ressembler à un enregistrement vidéo numérique. Cependant n'hésitez pas à les télécharger. Ca vaut le coup d'oeil selon moi.)
Le kouhaku est cependant un événement national qui a pour mérite de donner aux étrangers un aperçu de ce qui s'écoute sur l'île. J'avoue que je n'aime pas du tout ce programme mais quand vous êtes étranger, que vous êtes convié dans une famille japonaise ce soir du réveillon du 31 décembre, vous vous taisez et supportez les 4 heures de chants interminables qui oscillent entre soupe populaire (la J-Pop en général, un condensé de What 4 et de Florent Pagny côté masculin et de Céline Dion et des L5 côté féminin) et vieillesse désincarnée (sorte de has-been aux vêtements écarlates et aux boas poussièreux). Sous des airs méprisants, sachez que je considère le kouhaku comme un véritable phénomène culturel japonais. Il faut en passer par là pour s'acclimater à une culture... et oui, mon bon Monsieur !
En me baladant sur le Net à l'affût de commentaires d'autres étrangers, je suis tombé sur un site de fans du Kouhaku... J'en suis encore abasourdi. Evidemment je comprends qu'on puisse apprécier ce programme... quand on est japonais... mais je n'avais encore jamais rencontré de fans étrangers vivants. Je les appellerai "Les Super Héros" tant ils méritent ce sobriquet à tendance péjorative (mais pas trop). Une autre explication serait qu'ils écoutent les artistes de J-Pop en boucle... ce que je ne peux pas concevoir sans avoir une mine douteuse.
C'est à lire !
Neuvième partie : Glossaire
Le glossaire comprend des parties potentielles qui ne verront cependant pas le jour. Le vocabulaire expliqué est ainsi publié à titre informatif. Peut-être celles-ci feront-elles l'objet d'une publication future qui viendra compléter le présent dossier.
Oseibo - Il s'agit de cadeaux que les japonais offrent à ceux qui les ont beaucoup aidés ou à ceux qu'ils ont ennuyés pendant l'année écoulée.
Ousouji - Le grand nettoyage de la maison pour se débarrasser des mauvais esprits gênants et pouvoir profiter du dernier jour de l'année dans les meilleures conditions.
Yoi otoshiwo (omukae kudasai) - Seule la première partie de l'expression est employée. Elle est aussi très utilisée pour Noël, depuis que cette fête venue d'Occident envahi l'espace et les esprits. Une traduction littérale pourrait donner ceci : nous n'allons pas nous revoir cette année, alors bonne année.
Toshikoshisoba - De longues nouilles japonaises que l'on mange généralement avant minuit et qui symbolisent l'espoir d'une longue vie.
Hatsumoude - hyakuyatu no kane : Il s'agit de frapper 108 fois la cloche au temple juste après minuit afin de faire fuir les mauvais esprits.
Akemashite omedeto gozaimasu - Bonne année ! On emploie cette expression seulement une fois la nouvelle année entamée. Les gens à qui vous souhaiterez la bonne année avec cette phrase vous répondront d'ailleurs la même chose.
Osechiryouri - Il s'agit des mets que l'on prépare avant le dernier jour afin que personne n'ait à se soucier de la cuisine au moment de célébrer le passage à la nouvelle année.
Nengajou - Les cartes de fin d'année que les japonais envoient à toutes les personnes qu'ils fréquentent ou connaissent. "kotoshi mo yoroshiku onegaishimasu" et "akemashite omedetou gozaimasu". La première expression demande au destinataire de prodiguer les mêmes attentions que lors de l'année achevée tandis que la seconde salue le passage à une nouvelle année. Ces cartes arrivent entre 10h et 11h dans tous les coins du pays par livraison spéciale.
Otoshidama - L'argent distribué aux enfants par les membres de la famille et les amis à la fin de l'année.
Conclusion
Ce qui est sûr, en regard de cette expérience passionnante, c'est que passer les fêtes de fin d'année au Japon peut s'avérer très constructif. J'ai appris un nombre indéfini de choses (dont j'ai essayé de vous faire le rapport bon an mal an), j'ai appréhendé en titubant les traditions ancestrales d'un pays que peu d'entre nous comprennent et comprendront jamais. Le Japon est un peu comme ce langage que Champollion a traduit, à ceci près qu'il nous manque encore la clé, celle qui permettra de tout décrypter. On établit un réseau de connaissances sur le Japon comme on découvre la cartographie de l'ADN humain : pas à pas et avec patience. Les incompréhensions sont nombreuses, les tentatives parfois désespérées mais l'expérience est au final plus que positive.
L'estomac plein, les yeux gorgés d'images nouvelles et les oreilles qui résonnent encore des mots exclusifs qui me sont parvenus, je peux m'atteler à cette année nouvelle avec plus de franchise et espèrer que le sentier sera découpé plus clairement désormais.
Voilà pour ce dossier sur Oshougatsu. J'espère que celui-ci vous aura plu et que vous pourrez désormais être presque incollable sur la question. Evidemment ce dossier n'a aucunement pour ambition d'être exhaustif. Le but était de donner un petit aperçu de la façon dont le Nouvel An se déroule ici, sous l'oeil ébranlé d'un étranger perdu sur le sentier vers la connaissance du Japon.
Izo
PS : D'ici quelques jours je mettrai à disposition un fichier PDF reprenant l'intégralité du dossier ce qui évitera à ceux qui désireraient le lire hors ligne ou le conserver pour mémoire de perdre des heures à donner une forme à ce qui n'en a pas via les outils hautetfort.

