Posted by Izo.
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Nouvelles politiques contre les téléchargements illégaux
D’après les résultats d’une récente enquête menée par les industries du disques et du cinéma japonais, les téléchargements et échanges illégaux de fichiers ont augmenté de près de 180 %. La somme moyenne de fichiers téléchargés sur l’archipel a donc été plus que doublée en moins d’un an
Cette enquête montre que le nombre de “pirates” au Japon a atteint des sommets jusqu’alors imprévisibles avec une quantité de téléchargements de logiciels, morceaux musicaux, films et autres produits payants inattendue. La RIAJ (l’équivalent japonais de la MPAA américaine) ainsi que la ACC ont demandé cette enquête et leurs inquiétudes ont été avérées. En juin 2006, l’internaute moyen téléchargeait 194 fichiers illégaux alors qu’en septembre 2007, les chiffres ont atteint 481 fichiers… Les fichiers audio sont les plus populaires avec 211 fichiers par utilisateurs, suivis des fichiers vidéos, 183, des images, 43, des documents divers, 33 et enfin des logiciels, 14. L’application la plus utilisée au Japon reste le célèbre Winny, avec 27% d’utilisateurs, suivi de LimeWire, 18,8% et WinMX, 15%. L’enquête note aussi l’envolée du nombre d’utilisateurs du protocole BitTorrent jusqu’alors quasi inutilisé au Japon avec 7,4% d’utilisateurs. Il y a cependant une séparation très nette entre la popularité de ce protocole dans les autres pays, et surtout en Europe et aux Etats-Unis où plusieurs dizaines de millions de personnes l’utilisent, et le Japon où le logiciel “national” (Winny) reste en tête.
Jusqu’à aujourd’hui, la méthode utilisée par les fournisseurs d’accès Internet, et ce sous la pression des représentants des droits d’auteur, des distributeurs, producteurs et revendeurs, étaient principalement la limitation des vitesses. Certains fournisseurs empêchent désormais l’utilisation des logiciels d’échange tels que Winny, WinMX ou encore BitTorrent en limitant les vitesses de téléchargement de façon drastique. Cette pratique est de plus en plus répandue selon une réglementation territoriale. La colère des Internautes a surtout eu pour conséquence le désabonnement massif chez certains fournisseurs. Il existe d’ailleurs des pages leur indiquant quelles entreprises limitent les vitesses. Les reproches sont nombreux. Dès qu’un internaute lance un téléchargement, les vitesses tombent radicalement et aucun filtrage n’est réellement opéré. En effet, de nombreux fichiers gratuits sont aujourd’hui partagés grâce à ce type de logiciels et notemment par le protocole Torrent. De plus, ces limitations empêchent souvent le bon fonctionnement de logiciels comme Skype, ou de sites comme YouTube. La concurrence au Japon a permis l’établissement d’un panel d’offres de très bonne qualité chez les fournisseurs – la fibre optique est maintenant très développée et à des prix très raisonnables – et nombreux sont ceux qui ne comprennent pas cette politique d’un Internet à double-vitesse. Les nouvelles réglementations imposées aux utilisateurs ont provoqué de l’incompréhension mais aussi de la colère et les fournisseurs qui se sont lancés dans cette politique ont parfois perdu un nombre impressionnant d’abonnés.
Depuis le 17 mars 2008, un nouvel accord a été signé entre les fournisseurs et la RIAJ qui prévoit une chasse aux pirates telle qu’elle est déjà mise en place dans certains états américains. Les fournisseurs vont donc travailler main dans la main avec les représentants de l’industrie musicale et cinématographique en traquant les pirates et en leur interdisant à terme l’accès à Internet. En 2006 déjà, ces mesures avaient été envisagées mais le gouvernement japonais y avait mis son véto en raison du droit inaliénable (?) de la protection de la vie privée. Le monitoring des téléchargements des internautes devraient en effet rester à la seule discrétion des utilisateurs mais c’est sur le point de changer puisque depuis l’annonce de l’application à venir de ces mesures, le gouvernement est cette fois-ci resté silencieux. D’après un article du Yomiuri Shinbun, l’accord viserait à permettre le développement d’un logiciel de détection spécial et créé dans le but de traquer les téléchargements illégaux. Après cette première étape, l’utilisateur pris sur le fait recevra d’abord un premier avertissement lui demandant de cesser immédiatement ces échanges illégaux. En cas de refus ou de fin de non recevoir, le fournisseur pourra interrompre la connection pour quelques heures, voire quelques jours jours. Si les activités illégales ne s’arrêtent pas, l’utilisateur pourra se voir rayer des abonnés.
Les quatre plus grandes organisations japonaises qui ont signé cet accord représentent plus de 1000 fournisseurs, autant dire une grande partie du marché. Une réunion est prévue pour le mois d’avril au cours de laquelle les signataires réfléchiront aux moyens de mettre en place efficacement ce nouveau système antipiratage. En France, en Australie et en Grande-Bretagne, des propositions équivalentes ont été lancées. Cette décision radicale est sans doute la conséquence directe de l’explosion des chiffres des échanges de fichiers illégaux au Japon.
Izo
Sources :
Japanese ISPs agree to ban pirates from Internet
Japanese File-Sharing Population Explodes
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