Posted by Izo.
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L’avortement au Japon
La seconde explication concerne le rapport sentimental qu’une bonne partie des Japonais entretient avec l’idée de naissance à venir. Pour les Japonais, l’avortement est une “tristesse nécessaire”, un processus naturel qui participe au confort de la vie de tous les jours sans que les problèmes soulevés par les ligues anti-avortement à travers le monde ne soient nullement évoqués. Les entretiens qui précédent généralement les avortements en Europe sont oubliés et nul ne considère ici que vous aurez besoin de soutien moral avant et après l’intervention.
Pour les mineures (légalement les jeunes femmes de moins de 20 ans), une autorisation des parents est nécessaire, bien que de nombreuses cliniques acceptent a-priori de s’en passer tandis que pour les adultes un mot écrit du père biologique est requis pour éviter les problèmes juridiques (qui ne se posent pourtant quasiment jamais).
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‘Mizuko Jizo’
De nombreux couples au Japon souffrent aussi de fausse-couche ou de problèmes lors de la grossesse qui les forcent à interrompre celle-ci. Dans ce cas, pour honorer l’esprit de l’enfant qui était à naître, il existe une cérémonie qui s’appelle Mizuko Jinzo. Mizuko signifie “l’enfant de l’eau” et est utilisé pour parler de l’esprit d’un enfant qui est retourné auprès des Dieux tandis que Jinzo est le nom d’un Dieu bouddhiste qui protège et guide l’esprit des morts vers l’autre monde.
L’avortement est considéré comme le voeu exprimé des parents de rendre l’enfant aux Dieux jusqu’à ce que soit venu le temps opportun d’amener cet enfant au monde. Cette cérémonie offre aux parents la possibilité de se faire pardonner auprès de cet enfant rendu aux Dieux et d’expliquer les raisons qui les ont poussé à en arriver là.
Aujourd’hui cependant, de moins en moins de jeunes femmes pratiquent cette cérémonie, l’avortement étant rentré dans les moeurs, loin de cette idée que l’enfant arrive trop tôt pour que les parents soient prêts. Comme je vis au-dessus d’un cabinet gynécologique, j’assiste parfois à des scènes vraiment étonnantes. Il m’est arrivé par hasard d’entendre un couple se disputer violemment dans leur voiture à ce sujet, le père refusant catégoriquement de signer ce fichu morceau de papier qui autoriserait sa compagne à mettre un terme à sa grossesse. J’ai eu aussi l’occasion d’écouter la conversation de deux lycéennes se rendant vers la clinique et qui discutaient de choses et d’autres sans n’avoir à aucun moment l’impression que l’acte auquel l’une d’elle s’apprêtait à participer pouvait avoir plus de poids que la simple idée de débourser 120 000 yen.
Les gynécologues japonais ont un regard très distant sur ce sujet et il n’est pas rare que ceux-ci manquent totalement de tact, notemment avec les femmes étrangères qui ont moins de sang-froid quand on leur parle de fausse-couche que les Japonaises qui ont toujours la “shikata nai” attitude.
Izo
Sacré Izo, toujours dans les bons coups (je pense à l’endroit où tu vis).
Sinon effectivement, c’est un gros décalage avec la vision occidentale. Amusant de voir une nouvelle fois les différences culturelles sur un sujet pourtant universel.
je suis surprise par les raisons invoquéés par les japonnaises pour faire une IVG jusqu’à dire que c’est un procesus de confort de la vie, je crois plutôt que ça va peser sur leur conscience enfin pour une vue occidentale mais ça dépend de sa culture.
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Lovely shoes, I adore you… »
Je suis assez étonnée par tout ça … surtout par l’attitude des plus jeunes ! Le rapport à la naissance est vraiment curieux (enfin pour notre vision occidentale). Je me souviens d’avoir vu un reportage saisissant sur le problème de la non-natalité du japon et du refus des jeunes femmes d’avoir des enfants …